Là où critique et respect se rencontrent

Auteur(es): Monique Sirois


Un beau gros bateau

C’est l’histoire de Caroline… une femme déterminée, divorcée, autonome, une personne tout ce qu’il y a de plus normal. Le 18 novembre 1976, dans un cabaret avec une amie, elle aperçoit un homme debout devant sa table. Affichant un sourire moqueur, sans un mot, il lui fait un signe de la tête pour l’inviter à danser. C’est le début d’un beau gros bateau.

Qui est Marcel? Est-il réalisateur ou travaille-t-il sous couverture? Est-il marié, divorcé, séparé? Sous ses belles paroles, quelle est la part de vérité et quelle est la part de mensonge? La vie de Caroline est sur le point de se transformer en montagnes russes.

La lecture du récit est fluide. Ce roman-vérité est rédigé sous la forme d’un journal, donc en narrateur « je ». Ce n’est pas un type de narration que je retrouve souvent dans mes lectures, mais dans le contexte de cette histoire, je crois que le choix était judicieux et l’auteure a très bien su le maîtriser… puisque nous pouvons suivre les états d’âme de Caroline du début à la fin.

Je n’ai pas pu déterminer si madame Sirois s’est basée sur un fait vécu romancé ou bien si elle a entièrement inventé l’ensemble de l’œuvre. C’est donc dire à quel point le récit est réaliste et bien campé. J’aurais même, je l’avoue, aimé donner une couple de claques derrière la tête de cette chère Caroline… Un tel degré de naïveté est tout bonnement criminel. Criminel… et tellement humain! Ce qui est surtout frustrant dans la lecture, c’est de savoir pertinemment que ce n’est pas si exagéré que ça, puisque chaque jour, nombre de femmes et d’hommes pourtant intelligents et articulés tombent dans le même panneau que l’héroïne. C’est difficile à accepter… tant que nous ne sommes pas nous-mêmes pris dans une telle situation.

Ce qu’il est possible d’affirmer, c’est que Monique Sirois a su donner une personnalité aussi vulnérable que solide à la pauvre Caroline. À Marcel également, bien qu’à moins d’être un admirateur confirmé de psychopathes, il est impossible d’éprouver la moindre compassion à son propos. Lui aussi, est terriblement humain, et terrible est le mot qui convient.

Si vous aussi, êtes dans l’attente du prochain coup de fil de celui ou celle qui nourrit votre passion, profitez du moment et allez acheter ce livre. Peut-être vous identifierez-vous plus à Caroline que vous ne le souhaiteriez.


Alain Lafond

Liens:
Un beau gros bateau par Monique Sirois
Éditions Véritas Québec

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