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Auteur(es): Johanne Brodeur


Sans Terre Sans Destin – La Dayounak

Dans les derniers mois, mes lectures m’ont porté un peu partout, dans tous les domaines… sauf là où mon cœur se trouve réellement : la science-fiction et le thriller fantastique. Il est difficile de trouver des récits dans ces genres au Québec, le marché étant noyé parmi les traductions.

Au salon du livre indépendant 2013, une couverture magnifique a attiré mon regard; ma voisine de table écrivait, par le plus grand des hasards, de la science-fiction. Je n’ai donc pu résister. Ce livre, je le voulais… plus encore, il me le fallait.

C’est une série. Le premier tome, dans les faits. L’histoire d’une jeune mère, terrienne, enlevée pendant une nuit des perséides et qui se réveille quelque part, loin, très loin de chez elle. Commence donc une lutte pour la simple survie, dans un milieu hostile, sans ressources et sans moyen de communiquer avec les créatures qui partagent son sort.

L’image qui m’est venue à l’esprit au début de ce livre, c’est celle de certains animaux que l’on voit dans des laboratoires et qui doivent apprendre comment obtenir leur nourriture… en appuyant sur tel bouton ou en effectuant telle ou telle manipulation. L’héroïne de ce livre se trouve dans la même position… comment se nourrir, alors que la moindre technologie nous est étrangère? Qui plus est, comment y arriver dans un milieu franchement hostile?

J’ai bien apprécié le récit. Il était étrange à souhait, et c’était de la science-fiction où l’auteur n’a pas eu peur de faire descendre son personnage principal dans les enfers. La politique y joue un rôle omniprésent; qui a dit que la corruption était l’exclusivité des hommes?

À l’exemple des « Star Trek » et « Star Wars », les extra-terrestres sont profondément humains, avec leurs forces et leurs faiblesses. Ce que je veux dire par là, c’est que la culture n’est pas différente au point d’être incompréhensible. On retrouve les constantes mâles et femelles, l’aspect humanoïde, et des systèmes respiratoires similaires permettant aux espèces de se côtoyer… d’où ma référence aux séries cultes qui ont les mêmes bases. J’étais également un fanatique de ces séries, cet aspect me convient donc dans un contexte littéraire.

La narration se fait d’un point de vue interne, c’est-à-dire que le narrateur est un personnage du récit. Ou plusieurs, dans ce cas-ci, puisqu’il change parfois au sein d’une même scène, passant d’un personnage à l’autre. Il m’est arrivé à quelques reprises de ne pas voir arriver la transition, mais l’auteur a su à chaque fois me repositionner assez rapidement pour ne pas perdre le fil du récit. L’écriture est soignée et coule naturellement, la mise en page est bien réalisée… une autre preuve qu’indépendant peut être synonyme de travail de qualité..

Une histoire intéressante, de l’action en continu et des émotions en montagnes russes, avec même un petit côté romance… j’ai globalement aimé cette œuvre et j’attends de voir où nous mènera le prochain tome.

Bonne lecture!


Alain Lafond

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Sans Terre Sans Destin – La Dayounak par Johanne Brodeur
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