Là où critique et respect se rencontrent

Auteur(es): Andrée Décarie


Pétrole Last Call

Alert est une base militaire au Nunavut, l’endroit habité le plus au nord de notre planète.  Du jour au lendemain, la trentaine d’occupants disparaissent, ne laissant derrière eux que des traces de sang. Que s’est-il passé?  Où sont les corps?  Quel est le rapport avec un pirate informatique nommé Mars?

Qu’est-ce que le groupe Pika?   Quel est son lien avec ces sinistres événements?  La Chine, la Russie, Cuba, ainsi que le Venezuela ont formé une alliance, mais dans quel but?

Ce roman, classé par l’auteur comme thriller scientifique et géopolitique, possède également des caractéristiques prononcées du roman d’espionnage.  Le cœur de l’intrigue?  L’atteinte du pic de la production pétrolière mondiale, et un déclin des réserves qui nous réserve un réveil douloureux, alors que notre technologie repose presque entièrement sur cette richesse naturelle.  Une richesse qui ne mérite peut-être plus tout à fait son nom.

La psychologie des personnages est bien définie, particulièrement celle des deux héroïnes de l’histoire.  La narration n’est pas toujours constante, passant parfois du « je » au « il », mais n’empêche cependant pas la compréhension du récit.  Le rythme est régulier, et les combats brefs.  Oubliez l’action où le héros roule par-dessus une automobile en marche, enfonce le pare-brise et se relève sans une égratignure pour se bagarrer pendant vingt minutes… ici, quand ça frappe, ça fait mal! L’auteur se colle à une réalité qu’Hollywood tend à oublier parfois, ce que je trouve personnellement positif.

En parlant de réalité… Le livre repose sur des données scientifiques vérifiées par l’auteur et vérifiables par le lecteur, et j’avoue que ça donne un peu (même beaucoup) froid dans le dos. Les différents éléments nous atteignent de plein fouet, lorsque nous réalisons à quel point nous sommes au bord du gouffre. Nous connaîtrons les événements relatés… oui, nous, et pas nos enfants. Ce n’est plus qu’une question de temps.

Andrée Décarie réussit l’exploit de sensibiliser le lecteur à cette triste réalité au travers d’un récit romancé. Les événements nous font voyager à travers le globe, et nous rappellent également à quel point la dictature est omniprésente dans certaines régions.

Un roman distrayant mais dérangeant… oui, tout à fait. C’est sans aucun doute l’effet recherché par l’auteur, puisque d’ores et déjà, elle annonce ses couleurs avec une nouvelle œuvre basée sur une fiction qui, encore une fois, rejoint la réalité de bien trop près pour que ce soit confortable.

Bravo, Andrée.  Continue de nous ébranler!

Bonne lecture


Alain Lafond

Liens:
Pétrole Last Call par Andrée Décarie
Éditions Révolte

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