Là où critique et respect se rencontrent

Auteur(es): Maxime Olivier Moutier


Marie-Hélène au  mois de mars

« Je suis diagnostiqué, comme ça, en quelques secondes : dépressif profond ; risques suicidaires. Après l’urgence, on m’admet parmi les patients du département de psychiatrie pour un temps indéterminé. […] Je pense toujours à Marie-Hélène. Je ne fais que ça. Je pense à elle qui s’est laissé faire, pour se venger de moi. Le soir où elle y a mis toute son ardeur, toute sa science de femme. Le soir où elle lui a fait ce qu’elle ne me fera jamais plus. Le soir où, à ma place, un autre est venu. »

Dans ce texte franc et sans détour, l’auteur Maxime Olivier Moutier nous offre le sombre témoignage de son propre drame amoureux. Il n’a que vingt-trois ans lorsqu’il est trahi par celle qu’il aime. Cet évènement le brisera complètement, puis il passera quelques années derrière les mûrs d’un hôpital psychiatrique. Durant son séjour, il écrira sur sa peine et sa colère envers Marie-Hélène.

C’est le propos de l’œuvre qui a piqué ma curiosité. Il y avait quelque chose de troublant et d’étrangement honnête qui se cachait derrière son titre et son intention. J’ai tout de suite compris qu’il s’agirait d’un récit bien différent des livres à succès dont nous avons l’habitude d’ouvrir. Ici, avec ce livre, le lecteur est plongé dans un univers plus sombre, dans la conscience détraquée d’un jeune homme fou d’amour et de jalousie.

Je suis donc sorti de ma zone de confort pour découvrir ce que l’auteur avait à partager et, franchement, je me suis surpris à m’y plaire.

Là où la majorité se censure et n’ose aller, Maxime Olivier Moutier ne s’est pas gêné. Ayant écrit le deux tiers de ce livre lors de son séjour en psychiatrie, il a exploré les coins les plus sombres de sa personne pour cracher tout ce qui l’empêchait de vivre et ce qui l’empêchait de mourir. Dans sa courte préface – préface que je suggère de lire –, il nous avoue avoir longtemps hésité avant de publier ces pages, les ayant écrites sans croire en ses chances de survivre. « Le jour où elles seraient lues, j’aurais disparu. Comme un mot d’adieu. Je n’avais pas prévu m’en sortir vivant. »

Marie-Hélène au mois de mars est un livre qui nous frappe par son rythme et sa transparence ; sa franchise et sa folie. Il nous offre un accès privilégié vers les pensées les plus intimes d’un jeune homme en pleine chute libre. Mais, jusqu’où l’homme peut-il tomber ?

Je le recommande à tout bon lecteur qui n’a pas peur de se mouiller.

Bonne lecture !


Olivier Croteau

Liens:
Marie-Hélène au mois de mars par Maxime Olivier Moutier
Éditions Marchand de feuilles

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