Là où critique et respect se rencontrent

Auteur(es): Simon Rousseau


Les sacrifiés inconnus

Un important actionnaire pétrolier français est retrouvé dans un état pitoyable au sein de sa luxueuse résidence de Paris. Bien que toujours en vie, il est recouvert d’horribles cloques et son visage boursouflé le rend méconnaissable et l’empêche de respirer ou de voir convenablement. La police scientifique est unanime : l’homme a été exposé à un gaz toxique réputé pour ses ravages dévastateurs lors de la Première Guerre mondiale, le gaz Moutarde. De plus, son agresseur aurait porté lors du délit un lugubre masque à gaz ressemblant en tous points à ceux utilisés à l’époque des tranchées. Sur sa tunique, un étrange symbole : un crâne humain superposé sur une croix germanique.

L’excentrique Oswald Taylor et l’ex-criminologue Pierre Lemire sont justement à Paris lors de cet étrange attentat. Intrigués par l’affaire, ils découvrent que deux autres crimes extrêmement similaires ont eu lieu durant les deux semaines précédentes et que l’instigateur de ces atrocités ne s’arrêtera pas là.

Alors que les liens entre certains événements de la Première Guerre mondiale et les motivations du terroriste semblent des plus obscures, Oswald et le Professeur Lemire doivent se plonger psychologiquement dans la tête des soldats oubliés de la Grande Guerre afin de faire éclater au grand jour la conspiration qui se trame au sein des fabuleuses provinces du nord de la France…

Lorsque j’ai acheté ce livre des mains même de l’auteur, celui-ci m’avait prévenu que ma lecture n’aurait rien à voir avec le titre précédent dont j’avais fait la critique.

Je l’espérais, en un sens. Pas parce que le premier n’était pas bon, mais bien parce que c’est entre ses trois premiers titres qu’un auteur évolue le plus, qu’il trouve son style et définit son genre.

Je n’ai pas été déçu. Simon Rousseau ne fait pas exception.

L’auteur allie maintenant humour et stratégie dans son écriture. Il est capable de définir des personnages un peu excentriques, à la Sherlock Holmes, tout en conservant la crédibilité nécessaire à le rendre réel. Il réussit également à imbriquer un récit principal, celui de « Les sacrifiés inconnus », à un récit secondaire, que l’on devine important à long terme dans sa série. En bref, il a donné un passé et un avenir à son personnage clef.

L’aventure est perçue à travers les yeux de l’acolyte de son personnage clef, d’où le parallèle avec Sherlock Holmes. Mais bon… je ne m’en formalise pas et la comparaison s’arrête là, puisque Simon Rousseau a son propre style et sa propre plume.

Un superbe récit d’enquête, qui vous en apprendra également sur plusieurs événements historiques.

À lire!


Alain Lafond

Liens:
Les sacrifiés inconnus par Simon Rousseau
Éditions ADA

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