Là où critique et respect se rencontrent

Auteur(es): Mel Parker


L’Empaleur de Sudbury

Sudbury est une petite ville ontarienne prospère comme tant d’autres située au nord des Grands Lacs canadiens. Mais à l’insu de tous, se cache un prédateur sans précédent, un monstre insoupçonné qui se délecte de violer, torturer et empaler de jeunes filles à peine sorties de l’enfance. Durant plus de deux décennies, il n’a laissé aucune piste, ni même un seul petit indice, aussi insignifiant soit-il, jusqu’à ce que par un malheureux hasard, il doive abandonner le corps horriblement mutilé d’une adolescente en pleine forêt.

« Tu as été parfaite, petite chenille, maintenant, tu vas pouvoir t’envoler. » — L’assassin

Cette auteure est, jusqu’ici, l’une de celle que j’ai le plus de difficultés à critiquer. Sincèrement.

Commençons par le livre. Il s’agit d’un roman noir écrit à la troisième personne, maîtrisant à la fois suspense et psychologie. Mel Parker réussit ce tour de force de prendre la position du meurtrier et de nous faire ressentir son point de vue à lui, nous donnant alors l’impression de nous enfoncer dans une psychose contre notre propre gré. Elle nous transporte ensuite dans la peau de la victime, nous faisant vivre la gamme d’émotions de terreur et de peur.

Normal, direz-vous, pour un suspense psychologique noir. Vous avez raison. Sauf que… Mel Parker le fait bien. Plus que bien. On a l’impression d’assister à une émission de téléréalité qui nous révolte au plus haut point, sans être pour autant capable de fermer la télé. Et voilà ce qui est difficile à critiquer dans ce livre ou cette auteure ! Lorsqu’une critique est trop bonne, on se méfie. Souvent, avec raison. Ici, vous auriez tort.

OK, ce roman n’est pas destiné aux cœurs sensibles. Croyez-moi, votre esprit créera les images malgré vous et vous les fera défiler pendant plusieurs jours après la lecture. Mel Parker, elle est comme ça. Elle a le don. Elle est l’exception qui confirme la règle. Elle écrit comme une romancière avec plusieurs années d’expérience. Il ne lui manque que ça (dis-je en pinçant le pouce et l’index) pour se mesurer à armes égales avec son compétiteur le plus proche du suspense noir au Québec. Et ce « ça », c’est une minuscule ligne qu’elle franchira. Je n’en doute pas une fraction de seconde.

J’ai l’habitude de faire des critiques d’auteurs agréés et indépendants sans discrimination, positive et/ou constructive. « Chaque écrivain de ce monde, aussi célèbre soit-il aujourd’hui, n’était autrefois qu’un talentueux inconnu. » Pour ceux qui l’ignorent, cette phrase, c’est la conclusion du texte d’accueil de traitdeplume.ca depuis sa fondation. Eh bien, aujourd’hui, j’ai lu et découvert un de ces talentueux inconnus.

Chapeau, Mel Parker !


Alain Lafond

Liens:
L’Empaleur de Sudbury par Mel Parker
Les Éditions de l'Apothéose

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