Là où critique et respect se rencontrent

Auteur(es): David Turgeon


Le continent de plastique

« Les biographes ont établi que le prolifique auteur de L’ouvreuse de cinéma, de Rentrer noirceur et de bien d’autres titres a eu recours, pendant pas moins de dix ans, à un assistant. Quel a été le rôle exact de cet assistant dans l’écriture des romans de cette période? À quelles autres plumes a-t-il secrètement prêté son concours? Dans quelles circonstances a-t-il rencontré l’épatante Denise Bruck, grand amour de sa vie? Et que venait faire le continent de plastique dans toute cette histoire? À ces multiples questions, je crois pouvoir donner une réponse complète et satisfaisante. Cet assistant, c’était moi. »

Ainsi démarre l’œuvre de David Turgeon, où un jeune universitaire devient subitement l’assistant d’un grand écrivain. D’abord, il se contente de l’assister et d’observer ses manières, qu’il décrira avidement. L’histoire se déroulant sur plusieurs années, il développera ensuite sa curiosité envers l’écriture et apprendra à vivre dans ce milieu littéraire. Il conseillera son maître, qui viendra à le prendre en grande considération, et jouera un rôle important dans l’accomplissement de chacun de ses projets.

C’est dans le cadre d’un cours sur la « lecture du travail créateur » que m’a été présenté ce livre. Le continent de plastique nous permet de visiter tout le procédé créatif d’un écrivain. Au fil des aventures de l’assistant, on découvre les rudiments de l’écriture et les conflits internes vis-à-vis de la créativité (les pannes d’inspiration, la recherche d’idées originales, les frustrations, etc.). On y voit également tout ce qui touche à l’édition, la publication, les salons du livre, les séances de dédicaces, les relevées médiatiques… Bref, on a droit à l’univers complet.

Personnellement, un livre parvient à me gagner par son rythme et son histoire, certes, mais également lorsqu’il est pourvu de belles images. Ici, tout y était. Je sais que ça peut sembler simple, mais ce sont des passages comme celui-ci qui me restent longtemps en tête:

« Ce n’était pas encore le temps des froids secs; la neige chutait déjà fondue; mais les flaques sur le trottoir étaient recouvertes d’une mince feuille de givre craquelante. »

Magnifique, pas vrai? Moi, j’ai dû faire une pause et déposer le livre le temps d’apprécier la beauté de ces mots.

L’écriture riche de David Turgeon et l’originalité de son œuvre ont fait de cette lecture une expérience nouvelle pour moi. Je me sentais aux côtés d’un maître écrivain, prêt à apprendre tous ses secrets et à m’investir dans l’accomplissement de nouveaux livres.

Un effet de lecture réussi!


Olivier Croteau

Liens:
Le continent de plastique par David Turgeon
Le Quartanier

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