Là où critique et respect se rencontrent

Auteur(es): Mel Parker


Engrenage

Le jour où Jimmy Klempner, 13 ans, apprend que sa mère est décédée dans un accident de la route, il est kidnappé à son insu par son beau-père, Rodney Hutchison, un proxénète d’envergure.

Pris au piège par celui-ci, l’adolescent n’aura d’autres options que de choisir entre travailler pour lui ou mourir. Choisissant la vie, il sera emprisonné durant des années dans le sous-sol d’un manoir, assistant à des centaines de viols horribles qui le transformeront peu à peu en monstre à son tour.

Alors qu’il atteint la majorité, surgit de son passé un élément qui vient le bouleverser, l’amenant à se rappeler l’enfant qu’il était. Il devra, en dépit de ses plus grandes craintes, affronter l’engrenage monstrueux qui se cache derrière cette fameuse journée où toute sa vie a basculé.

Deux critiques, coup sur coup, de la même auteure? Eh oui. En fait, j’avais l’intention de lire un ou deux autres titres entre les deux critiques, mais si vous avez lu la précédente (l’Empaleur de Sudbury), vous comprendrez aisément pourquoi j’ai replongé. Et en deux jours, j’ai terminé la lecture d’Engrenage.

Ici, Mel Parker alterne deux types de narration : le « je » dans le cas de Jimmy Klempner, et le « il » le reste du temps. La transition entre les deux est très bien découpée en scène et facile à suivre – excellent point pour Mel Parker.

L’action? Elle ne cesse pas. L’aspect psychologie? Imaginez encore une fois cette analogie de téléréalité psychotique que j’ai utilisée dans la critique précédente, une téléréalité qui vous révolte et vous empêche malgré tout d’éteindre le téléviseur. Même s’il est sans images, lire ce livre, c’est composer les images de cette téléréalité dans notre tête et ne pas pouvoir s’y soustraire.

Mel Parker ne prend aucun détour pour épargner le lecteur. Les termes sont crus, les images directes. Lorsque trois hommes commencent le « dressage » de leur nouvelle recrue, les scènes sont décrites avec une brutalité cruelle et terrifiante de réalisme.

Je lis rarement du suspense psychologique noir. Souvent, je trouve qu’on confond le « gore » et le noir, et qu’on utilise le mot suspense à tort et à travers pour donner du cachet à une histoire qui en est dépourvue. Mel Parker donne tout son sens à ces trois termes.

Chapeau, Mel!


Alain Lafond

Liens:
Engrenage par Mel Parker
Les Éditions de l'Apothéose

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