Là où critique et respect se rencontrent

Auteur(es): Pier Davi


Clavium

Cet article a été publié une première fois le 1er mars 2014. Cependant, l’auteur vient de publier une nouvelle mouture améliorée de son oeuvre aux éditions de l’Apothéose. Pour cette raison, je remet cette critique de l’avant.

Depuis 2001, des catastrophes se produisent : l’effondrement des tours jumelles, des tsunamis… les morts se comptent par milliers, et personne n’aurait pu les prévoir.

Personne?  En fait, une jeune peintre avait illustré les événements à travers quatorze toiles avant leur accomplissement.  Aujourd’hui, elle a débuté une nouvelle série de toiles, mettant en jeu non pas la destruction d’une fraction de l’humanité, mais bien sa totalité. La sombre prémonition peut-elle être évitée?

C’est l’un des textes les plus difficiles que j’ai eu à commenter (ce n’est pas péjoratif).  En règle générale, il est possible de classifier un livre dans un genre particulier : poésie, thriller, documentaire, drame, etc.  Mais pas Clavium.  Clavium est un thriller religieux surnaturel, mais il n’est pas que ça.  La plume de l’auteur s’approche de la prose poétique. Mais ce n’est pas un poème non plus.  Il contient une histoire, mais également un album de chansons originales en relation avec cette histoire.  Oui oui… un roman qui contient un album.

Le but de ce site est de sortir des sentiers battus pour commenter autre chose que les bestsellers à la mode.  Or, Pier Davi est justement en dehors des sentiers battus, et pas qu’un peu. L’histoire est originale; ce n’est pas du remâché.  C’est un détail que j’apprécie particulièrement, parce que bien franchement, on dirait que beaucoup d’auteurs sont incapables aujourd’hui d’écrire des romans à l’ambiance surnaturelle sans y inclure des vampires et des loups-garous. Il est possible de sortir de ce cercle surexploité, et Pier le démontre bien.

La narration est très bien maîtrisée, et l’auteur possède une culture hors du commun qu’il laisse transparaître dans son livre.  Certains pourraient dire que certaines notions sont trop savantes pour être à la portée de la majorité des lecteurs, et je répondrais que c’est vrai… mais que parfois, ça fait du bien de voir un écrivain qui nivèle vers le haut plutôt que vers le bas.

De toute manière, vu le style d’écriture qui s’apparente à la prose, Clavium exige du lecteur une attention plus poussée que s’il lisait un roman d’action à la Tom Clancy.  À ceux qui cherchent une lecture facile qui n’exige pas trop de neurones, je dirais… passez votre chemin, tout simplement.  Ne soyez pas vexé, mais cette lecture-ci n’est pas pour vous. Comme j’aime le répéter, on ne peut exiger d’un végétarien qu’il puisse apprécier un plat de filet mignon, et ce n’est une insulte ni pour le végétarien ni pour le carnivore d’admettre cette réalité.

Pour les autres, ceux qui sont avides de découvrir de nouveaux genres et qui n’ont pas peur de se plonger dans un texte différent… À ceux qui sont capables de se détendre tout en conservant un esprit vif et alerte, qui sont capables d’apprécier non seulement une histoire, mais un style d’écriture qui se rapproche de la prose, alors oui… Clavium est pour vous.


Alain Lafond

Liens:
Clavium par Pier Davi
Éditions de l'Apothéose

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