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Auteur(es): Robert Lalonde


C’est le cœur qui meurt en dernier

« Dans le demi-jour, tu t’escamotais, tu disparaissais un peu plus, tu te reposais, ton barda d’esclave derrière toi. Tu étais tranquille, débarrassée, légère, offerte au bienheureux assombrissement des choses. Je sais bien que tu n’aimes pas ce que je fais aujourd’hui, tu n’aimes pas que je t’ébruite comme je le fais, à tout vent. Apparaître en pleine clarté te désespère, t’enrage, même, je le sais. »

C’est le cœur qui meurt en dernier est un récit autobiographique à travers lequel l’auteur fait revivre une dernière fois les souvenirs qu’il a de sa défunte mère. Une femme profondément malheureuse qui ne comprenait pas le côté artistique de son fils. Lui, il était toujours dans un livre ou dans ses rêveries. Il était à lire des poèmes et à contempler les beautés de la lune et des soirées orageuses. Elle, elle ne voyait pas plus loin que sa propre cuisine. Robert Lalonde, pour qui la mémoire de sa mère est profondément ancrée dans son cœur, revisite chacun de ces moments bouleversants où il a dû faire face à une mère au fort caractère et aux idées dépressives.

C’est la couverture sombre et bouleversante du livre qui m’a attiré, immédiatement après ce titre révélateur: C’est le cœur qui meurt en dernier. L’œuvre démontre qu’au cours d’une vie, le corps peut mourir, ensuite la conscience, mais le cœur, lui, aimera toujours. Même à l’article de la mort, le cœur reste pour aimer, pardonner, sourire et honorer. L’auteur s’ouvre et, autant dans un langage commun que dans des passages poétiques, exprime les détails de cette relation d’amour, faisant aussi ressentir le vide laissé par celle qui n’est plus de ce monde.

Comparativement au roman de fiction, le genre du récit nous amène directement dans l’intimité de l’auteur qui décide de partager son vécu avec nous. Qu’il s’agisse d’une peine ou d’une joie, l’intention motivant ses écrits est de partager au grand monde l’image de sa mère telle qu’elle était de son vivant. Un hommage à cette femme auprès de laquelle il a grandi, écrit de façon authentique et avec beaucoup de tendresse.

Une histoire touchante à laquelle bien des gens peuvent se rattacher. Car, peu importe sa forme, l’amour d’une mère est éternel.

Bonne lecture à tous !


Olivier Croteau

Liens:
C’est le cœur qui meurt en dernier par Robert Lalonde
Les éditions du Boréal

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