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Auteur(es): L.P.Sicard


Blanche Neige

« Une femme coupable d’un crime dont elle n’a plus souvenir. Une évasion vers une forêt où la noirceur ne vient jamais seule. La découverte d’un manoir abandonné aux secrets bien cachés. Des bougies qui s’éteignent, des ombres qui se lèvent, des objets qui se déplacent d’eux-mêmes. Et des coups qui résonnent contre la porte, avant qu’on ne la défonce… »

Blanche Neige est l’un des livres de la série Les contes interdits, qui reprennent certains contes classiques et en font des réécritures beaucoup plus sombres. Ici, l’histoire classique de Blanche Neige a été repensée de sorte à offrir au lecteur une pièce d’épouvante donnant froid dans le dos.
Émilie, blanche comme neige, se réveille dans l’institut psychiatrique de Fort Orée et n’a aucun souvenir du crime qu’elle aurait commis. Avec l’aide d’un des gardes, elle parvient à s’enfuir de cette prison dirigée par un docteur abusant sexuellement d’elle à répétition. Lorsqu’elle s’échappe, elle traverse une forêt lugubre aux apparitions inquiétantes. Plus tard, elle découvre un manoir dans lequel elle entre de force pour trouver refuge. Dans celui-ci, elle peut compter sept chaises autour d’une table. Émilie réalise bien assez vite que ce ne sont pas que les bois qui sont hantés, car une sorcière meurtrière rôde dans les parages.

L’idée d’incarner une jeune fille victime de troubles psychologiques est une façon intéressante de reprendre le conte des frères Grimm et d’y ajouter les thèmes de la folie et de la constante remise en question. L’indétermination est la clé de ce livre. On cherche à amener le lecteur à se demander si ce qui se passe est bien réel ou si tout ceci n’est que dans la tête d’Émilie. En effet, comme Blanche-Neige, elle sera confrontée à une forêt prenant vie, à des animaux pouvant comprendre ses paroles et à d’autres manifestations relevant du surnaturel.

Les amateurs de sang seront ravis avec cette sombre adaptation du conte. L.P. Sicard ne s’est pas gêné quant à l’élaboration des scènes abordant ces sujets généralement censurés. Personnellement, je crois que le roman aurait gagné à épurer l’explicité de certaines scènes à caractère sexuel. Lorsque des détails sont laissés à l’imagination du lecteur, l’effet escompté est parfois plus prenant. Mais en général, l’angoisse et l’horreur fonctionnaient très bien. La force de l’auteur recèle dans ses descriptions des environnements hostiles et des visions macabres. Avec ses labyrinthes angoissants et la découverte de cadavres dépecés et ensanglantés, il est parvenu à me donner plusieurs frissons.

Blanche Neige est un roman qui m’a plu, surtout par sa manière de conclure. Il arrive souvent qu’on lise des livres et qu’on en soit déçu par sa fin. Durant ma lecture, j’espérais que le livre ne suivrait pas la même direction que ces auteurs en manque d’inspiration pour une bonne fin. Eh bien, la conclusion ici m’a bien satisfait. Une conclusion à l’image de l’essence du livre lui-même.

Cette première lecture a assurément piqué ma curiosité. J’en suis même venu à me demander ce que je ferais si j’avais moi-même à repenser un conte classique. Idée qui ne me déplairait pas du tout, je dois l’avouer.

J’ai bien hâte de découvrir ce que les autres livres de cette série ont à offrir !


Olivier Croteau

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Blanche Neige par L.P.Sicard
ADA

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